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01.11.09

Une rencontre

Elle vient d’arriver. Il fait nuit. Elle tremble légèrement, serre un peu mieux les pans de sa veste autour d’elle. L’air est humide. Elle lève les yeux au ciel, pour ne voir rien d’autre qu’un plafond nuageux. Pas une étoile ne brille. Elle tire sa valise derrière elle, jusqu’à l’arrêt de bus.
A l’arrêt de bus, ils ne sont que deux, elle et Paul. Paul ne l’a jamais rencontré. Il lui sourit, d’un sourire franc, qui éclaire son visage. Elle lui rend son sourire, ses joues légèrement rosies ajoutent à son charme. Pas un mot échangé. Ce pourrait être un silence lourd ou gênant. Mais non.
Sans rien dire, ils se mettent à marcher dans les dédales des rues pavées, elle a l’impression de se perdre, mais elle continue de sourire, cache ses yeux sous sa frange de cils. Il la trouve adorable, encore plus que ce qu’il imaginait, il croit la regarder sans qu’elle le voit. Il l’emmène dans un bar, près du parc. Pendant qu’il va commander  un sirop de violette et une pinte, elle s’éclipse, vérifie sa tenue, se repoudre. Un tic qu’elle a. Elle n’est pas très sûre d’elle. Elle retourne s’asseoir, juste à côté de lui. Le bar est rempli. Ils sont obligés d’être très proches pour s’entendre. Elle a l’air absorbée par ce qu’il dit. Elle sourit tout le temps, il la taquine sur ce sourire, elle prend la mouche puis part dans un éclat de rire enfantin. Ils ont l’air bien.
C’est déjà l’heure de la fermeture. Elle remet sa veste, s’emmitoufle dans sa grande écharpe. Il l’emmène chez lui. Il n’aime pas trop ça. Il n’a pas l’habitude qu’une jeune fille rentre chez lui. Il appréhende. Elle le rassure d’un regard, monte tranquillement les 5 étages, à peine essouflée. Il lui fait faire le tour du propriétaire, lui montre la vue sur la ville endormie. C’est joli. Le ciel s’est dégagé, les étoiles brillent et se reflètent dans leur yeux.
Dans le salon, ils parlent, de tout et de rien. Toute la nuit, ils vont échanger leurs points de vue, se raconter leur vie. Même si chacun a l’impression de connaître l’autre.
A l’aube, ils s’endormiront, épuisés de leurs conversations.

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25.01.09

Il était une fois, dans un royaume pas si lointain, une très jolie princesse.
Elle était grande et avait la taille fine. Son cou était gracile et ses cheveux d'or reflétaient la lumière du soleil.
Elle aimait porter des tenues simples, qui lui permettaient de se promener sans risquer le moindre accroc.
Sa robe légère laissait entrevoir ses chevilles délicates.
Elle avait aussi de grands yeux verts, curieux de tout.

C'était une jeune fille qui aimait la vie.
Elle se plaisait à rendre visite à ses amies, à lire des livres enchanteurs, à faire la cuisine, de la broderie, à voyager, aussi.
Mais, elle avait beau avoir la vie la plus remplie qui soit, elle avait un problème qui lui gâchait la vie.
Elle avait un mal fou à s'endormir.
Elle avait beau essayer de se détendre, de se coucher dans son lit et de faire le vide dans son esprit, elle n'y arrivait pas.
Les bras de Morphée la dédaignait.
Le sable du marchand était inefficace.

Et elle attendait le petit matin, à la fenêtre, pour pouvoir commencer une nouvelle journée, aussi trépidante que la précédente.
Elle ne se souvenait plus bien quand est-ce que cela avait commencé.
Mais, au fil du temps, c'était devenu de plus en plus compliqué.
Elle s'assoupissait quelques instants, plusieurs fois dans la nuit.
Elle se réveillait, plus fatiguée au matin que le soir d'avant.
Et même si sa vivacité s'accentuait avec le jour, des grandes cernes assombrissaient son regard et son corps devenait de plus en plus faible.

Son père décida alors de lancer un défi :
Celui qui réussirait à endormir la princesse serait couvert d'or.
Une seule et unique tentative était autorisée.

Le lendemain de la proclamation du défi, une foule de gens, jeunes et moins jeunes, se pressa au château.

La princesse observait le manège par la fenêtre, espérant  qu'un miracle se produirait.
Elle avait le coeur qui s'accélèrait au moindre mouvement.
Elle regardait les étendards, les chevaux, les carosses...
Elle décida d'aller étudier ça de plus près et se rendit dans la Grande Salle, celle où chaque prétendant au défi devait se rendre.

Cachée derrière un épais rideau, elle détaillait chaque homme qui se trouvait là.
Trop grand. Trop petit. Trop vulgaire.
Pas assez sûr de lui.
Bien trop prétentieux.
Quel accoutrement ridicule.

Et, d'un coup, son regard fut irrésistiblement attirée.
Un corps svelte. Un regard sombre dans un visage tanné par le soleil.
Il était différent. A l'aise. Souriant.

Elle fut appelée par son père et dut quitter son observation, non sans regret.

Le lendemain commença la valse des prétendants.

Le premier lui fit goûter une mixture infâme qui la rendit malade.
Le second tenta de l'hypnotiser, sans succès.
Le troisième lui raconta une jolie histoire, mais il la racontait si bien, qu'elle voulut absolument savoir la fin.

S'enchaînèrent ensuite des centaines de prétendans, aux techniques plus ou moins orthodoxes.
Elle dut boire une quantité d'elixirs incroyables, regarder des pendules, écouter des chansons...
Sans réussi à dormir.

Elle n'arrivait pas à sortir de ces pensées le mystérieux inconnu.
Ce fut enfin son tour.
Il se présenta à elle, tel qu'elle l'avait vu dans la Grande Salle.
Il s'agenouilla devant elle, et récita les formules d'usage.

Il sollicita ensuite une promenade dans les jardins royaux, ce qu'elle lui accorda, bien sûr.
Ils se promenèrent, au milieu des orchidées, sans dire un mot.
Elle était intriguée.
Il rompit le silence en lui demandant si tout allait bien, elle semblait soucieuse.
Elle répondit d'un sourire.
Elle était sous le charme. Son odeur. Son regard.
Elle lui demanda ce qu'il allait faire pour qu'elle retrouve le sommeil.
Ce à quoi il répondit qu'il ne savait pas vraiment. 

Il la raccompagna au palais, sans rien dire de plus, la laissait sur sa faim, curieuse.

La valse des prétendants continua, sans qu'elle y fasse vraiment attention.
Elle était lassée de tout ce monde.
Elle cherchait sans cesse son regard.
Il n'était plus là, son tour était passé.

Chaque nuit, elle pensait à lui.
Elle ne savait rien de lui.
D'où venait-il ? Qui était-il ? Pourquoi était-il venu ?
Dans ses rares moments d'assoupissements, elle rêvait de lui.
Elle rêvait qu'il venait la chercher.
Elle rêvait les yeux ouverts.

Elle reçut une première lettre, quelque temps après.
Le mystérieux jeune homme lui avouait son amour brûlant de la plus belle manière.
Des vers admirablement tournés louaient sa beauté.
Elle répondit, avec fougue.
S'en suivit une longue correspondance amoureuse, où ils apprirent à se découvrir.
Il ne pouvait solliciter un nouvel entretien.

Elle perdit complètement le sommeil.
L'appétit.
Elle dépérissait à vue d'œil.
Son père, inquiet, ne comprenait pas.

Sa sœur à qui elle confiait tout, décida de tout révéler à son père.
Il entra dans une grande colère.
Comment osait-elle parler d'amour, elle qui était si jeune !
Il décida de convoquer le jeune homme, afin de lui défendre de continuer cette correspondance.

Le jeune homme ne se laissa pas déconcerter.
Il exposa son amour au roi.
Il promit que les sentiments étaient réciproques et non intéressés.
Le roi ne semblait pas convaincu.
Alors, le jeune homme proposa ce marché : Il voulait essayer d'endormir la princesse. Si il n'y arrivait pas, il promettait de cesser tout contact avec elle.

Le roi accéda à sa requête et un entretien fut organisé.
La princesse était tellement faible qu'elle ne pouvait sortir de son lit.
En apprenant que son prétendant allait arriver, elle demanda cependant à sa servante de remettre de l'ordre dans sa toilette.

Le sourire éclaira son visage au moment même où il entra dans la pièce.
Leurs yeux brillaient si fort.
Leurs coeurs battaient à l'unisson.
Elle pouvait à peine parler.
Alors, il lui raconta. Le monde dehors, les oiseaux, les fleurs, le ciel.
Il lui chanta une chanson.
Il sentait qu'elle s'apaisait.
Il la regardait avec un tel amour qu'elle se sentait unique.
Ses yeux papillonnaient.
Il caressait tendrement son front et jouait avec ses boucles blondes.
Ses yeux étaient fermés mais elle l'entendait encore.
Il posa doucement sa bouche sur ses paupières, dans un léger baiser.
Et elle s'endormit, le coeur plein d'amour, sa main dans celle de son aimé.

Elle dormit, des jours et des jours.
Se réveillant quelques heures pour manger un peu.
La convalescence fut longue.
Mais, à chaque instant, il était là, vérifiant que tout allait bien, la rassurant.

Elle reprit de l'épaisseur et semblait moins fatiguée.
Et lorsqu'elle fut tout à fait remise, elle demande à son père la permission d'épouser l'homme qui l'avait sauvé, par son amour.

Voyant sa fille comblée et en bonne santé, le roi accepta.
Les noces furent célébrées.
Elles furent magnifiques.

De cette union naquirent des jumeaux, un garçon et une fille.
Et si elle ne pouvait pas dormir, ce n'était plus pour la même raison...

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16.01.09

Elle marchait.
Ses bottes effleuraient le sol, presque sans bruit.
Elle avait l'air absent.
Elle pensait à la journée à venir, aux journées passées.
Elle se laisser guider par la musique.
Oh, she's only seventeen.
Elle écoutait cette chanson en boucle, subjuguée par la voix cassée du chanteur.
Elle était petite, les cheveux noirs et courts.
Elle avait la taille tellement fine que j'avais l'impression de pouvoir en faire le tour avec mes deux mains réunies.
Le vent soulevait sa robe en satin noir et découvrait ses jambes.
Elle réécouta pour la quatrième fois la même piste sur son Ipod.
Elle souriait, tristement, comme cela lui arrivait si souvent, en ce moment.
Oui, chaque journée était entachée par des larmes, des larmes de fatigue, de lassitude. Les nerfs qui lâchent.
Elle semblait si fragile.
Ses yeux en amande étaient ombrés d'une rangée de cils épais.
Mais ce qu'on remarquait surtout sur son visage pâle, c'était sa bouche.
Elle avait des lèvres charnues et d'un rose vif.
Elle avait cette beauté naturelle, celle que l'on ne peut cacher.
Elle irradiait.
Elle était là, dans cette rue, à marcher au ralenti.
Elle attendait, patiemment.

Il n'arrivait pas.
Pas encore.
Elle commençait à s'inquiéter.

Il hésitait.
Allait-il la rejoindre.
A quelques rues d'elle, il avait des questions plein la tête.
Un pli soucieux barrait son front, et ses yeux bleus s'étaient assombris.
Il s'était arrêté, en plein milieu du trottoir, il ne savait plus quelle direction prendre.
Ses larges épaules semblaient frêles tout à coup.
Sa bouche finement ourlée se pinçait.
Il enroula mieux l'écharpe, tricotée de ses mains, pour se donner une contenance.
Il commença à compter.
Les voitures.
Les panneaux.
Si c'est pair, j'y vais.
Sinon.
1. 2. 3. 4.

Il égrenait les chiffres dans sa tête, comme une litanie.
Il ne savait plus.
Il l'aimait tellement.
Mais tellement mal aussi.

De son côté, elle ne cessait de regarder sa montre.
Elle regardait les aiguilles continuant leur course folle.
Elle perdait espoir.
Encore dix voitures et j'y vais.

Et plus de cent voitures plus tard, elle était là, encore.
Elle ne pouvait pas concevoir qu'il ne vienne pas.
Ils s'aimaient si fort.
Ils devaient apprendre à se séparer, à s'aimer mieux.
A se supporter.
A ne pas se détruire.

Il s'était enfin décidé à la rejoindre.
Elle ne pouvait pas le voir arriver.
Il lui prit la taille, lui murmura quelque chose à l'oreille.
Il lui baisa le cou.
Leurs mains se pressaient.
Elle se retourna.
Ils se serraient l'un contre l'autre.
Chacun savait.
C'était bientôt fini.
Pour l'instant, ils étaient là, ensemble.
Leurs coeurs battaient à l'unisson.
Leurs larmes commençaient à couler.

Posté par nhan_hien à 01:30 PM - Essais d'écriture - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31.10.08

Il file. A toute allure.
Il glisse. Comme le sable au vent.
Il vole. Comme un oiseau fou.

Il me manque.
J'en ai besoin.

J'ai tant de choses à faire. A découvrir. A lire. A voir. A écrire.
A vivre.

Si peu de temps.

La vie passe sans que je m'en rende compte.
J'ai déjà l'âge d'être mère.
Je suis encore une gamine dans ma tête.

Il faudrait que le temps soit élastique.
Ou que j'apprenne à moins dormir.
A moins gâcher mon temps en choses inutiles.
A m'organiser, peut-être.

En ce moment, je VIS.
Mais.
Je me rapproche aussi plus vite de la fin.

Le temps me semblait si long, quand je m'ennuyais.
Je voudrais des journées de 48h.
Minimum.

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03.10.08

Saïgon.

Début des années 40.

 

Lucie vient d’avoir 17 ans. Elle est belle. Une beauté particulière, celle née des métissages.

Elle n’est pas comme une vietnamienne quelconque, elle a ce quelque chose en plus.

Elle a une grâce naturelle, un port de tête altier.

Elle a des origines mandarines.

Elle a la peau blanche, les lèvres fines, et de grands yeux en amandes.

Ses longs cheveux couleur de jais sont retenus par un ruban rose.

Elle est adorable dans son uniforme.

Son chemisier est parfaitement repassé et rentré dans sa jupe plissée.

Elle a la taille fine et le buste droit.

Elle discute avec d’autres jeunes filles de son lycée.

Elle rit et tout son visage s’illumine.

Ses dents blanches. Sa fossette et ses joues roses. Elle est ravissante.

 

Doan a presque 30 ans. Il a une classe folle.

Son luxueux costume lui va à ravir.

Il monte dans sa voiture noire.

Ses yeux perçants scrutent l’horizon.

Il se depêche. Il va être en retard.

 

Elle a mal soudain.

Une douleur lancinante qui lui fait porter la main à sa bouche.

Une souffrance qui lui fait monter les larmes aux yeux.

Elle tente de la réprimer, sans y arriver vraiment.

Il est dans son cabinet, prêt à examiner ses patients.

Il prend le temps de parler à chacun, de tout expliquer et de rassurer.

C’est un bon dentiste.

Il a presque tout. Une situation et de l’argent.

Il lui manque juste une femme.

 

C’est son tour. Elle est intimidée. Elle n’aime pas les endroits qu’elle ne connaît pas.

Elle a l’air d’une biche aux abois.

Elle pousse doucement la porte.

 

Il la salue, lui dit de s’asseoir, en souriant.

Il a reçu un coup au coeur.

Il a les mains moites.

Il est sous le charme.

Ses mains tremblent légèrement.

Il reprend sa respiration. Reprend ses esprits.

Il la soigne, effectue les gestes mécaniquement, en essayant d’oublier qu’elle est si jolie.

Voilà, il a terminé.

Il échange quelques mots, pour la retenir, et puis, il la laisse partir, avec regret.

 

Les jours passent, et il n’arrive pas à l’oublier.

Ses yeux et son sourire sont restés gravés dans sa mémoire.

Il veut la connaître.

Il se sent un autre homme.

Il se raisonne. Il ne peut pas être amoureux, c’est impossible.

Pas si vite. Pas lui.

 

Et pourtant, pourtant, il part à sa recherche, la retrouve.

Elle est issue d'une riche famille. C'est la petite dernière.

Il rencontre même son père, avant d’inviter celle qui hante ses nuits à prendre un thé.

Avec un chaperon, bien entendu.

Il apprend à la connaître et ne l’aime que plus.

Elle rêve de voyages et d’ailleurs. Elle aime lire et jouer du piano.

Ses parents ne la laissent pas souvent toucher les touches du clavier.

Se donner en spectacle, ça ne se fait pas.

Elle apprend, petit à petit, sa vie à lui. Le découvre.

Et les sentiments viennent, avec le temps.

 

Il demande vite à son père la main de sa fille.

Il ne faudrait pas laisser s’envoler cette colombe.

Ils se marient.

 

Savaient-ils déjà ?

Savaient-ils qu’ils devraient quitter ce pays qu’il chérissait tant ?

Savaient-ils qu’ils s’aimeraient toujours, même après la mort ?

 

Ils étaient jeunes, ils étaient si beaux.

Ils s’aimaient tellement.

Et je contemple ces photos jaunies avec émotion.

Je me rappelle avec tendresse de leur histoire. L'invente peut-être un peu.

J’aurai tant aimé mieux les connaître.

Connaître un amour fort.

Indestructible.

 

 

Posté par nhan_hien à 10:40 PM - Essais d'écriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vaine tentative

Je suis attirée par la douceur de ces touches. Je pianote doucement, bercée par le cliquetis régulier. Mes yeux fatiguent, mais qu’importe.

Je veux écrire, ce soir.

Les lettres s’inscrivent, peu à peu sur ma page blanche.

Puis, aussi vite qu’elles sont apparues, disparaissent.

Je réfléchis.

Recommence.

Je n’y arrive pas.

J’en ai envie, pourtant.

J’aimerais que cela vienne tout seul, sans réfléchir.

Peut-être que ça n’arrivera plus.

En attendant, je relis les débuts de mes essais sur ce blog.

Et j’aimerais bien ré-écrire quelque chose comme ça, ça ou encore ça.

Posté par nhan_hien à 10:06 PM - Essais d'écriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02.10.08

Amour & Trahison

Laisse-moi. Ne t’approche plus. Je ne veux plus te voir.

Viens. Embrasse-moi. Ne me quitte plus.

Les mots se bousculent dans ma tête. Se coincent dans ma gorge.

Je marche plus vite. Au rythme de la musique.

Je ne sais plus ce que je veux.

Le haïr ?

L’aimer ?

Je suis perdue. Perdue comme jamais.

J’ai tout donné. Mon corps, mon cœur.

J’ai tout perdu. Ou peut-être pas.

Je te veux. Je te quitte.

Je suis toute petite. Si fragile.

J’ai les yeux qui se mouillent.

La poitrine dans un étau et le cœur qui bondit.

Je marche encore plus vite.

Il ne sait pas encore que je sais.

Lui dire ?

Lui cacher ?

Notre amour est perdu. Perdu à jamais.

Des oursins ont remplacé les papillons dans le ventre.

J’ai mal. J’ai peur.

Mon amour, je te hais.

Tu n’es qu’un salaud, mais je t’aime.

Je m’embrouille.

Je monte la musique.

Je me lance des défis.

Si le feu passe au rouge avant 10 secondes, je l’appelle.

Si il y a 10 voitures qui passent, je l’appelle.

L’appeler ?

Couper tout contact ?

Je suis sur la plage.

Je ne sais pas bien comment je me suis retrouvée là.

Je m’effondre sur le sable froid.

Froid comme mon cœur.

Mes doigts sont glacés.

Le sang bat dans mes tempes.

Et une musique lancinante me rappelle douloureusement l’absence.

J’ai l’impression d’être une mouche prise dans une toile d’araignée.

J’aurai beau me débattre, tenter tout et n’importe quoi, ce sera vain.

Notre amour est perdu.

Notre amour est éternel.

Je deviens folle.

Je hurle sur la plage vide.

J’ai mal.

Où es-tu ?

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30.09.08

Ils étaient dans une grande salle. Les lustres brillaient de mille feux et illuminaient les sourires.
Chacun resplendissait, à sa manière.
Belinda avait tressé ses cheveux blonds, elle ressemblait à un ange. Le sourire aux lèvres, elle s'occupait de garder un oeil sur les enfants, ce qui n'était pas chose facile. Sa jolie robe en mousseline rose réhaussait ses pommettes. Un long ruban blanc ceignait sa taille. Elle était ravissante.
Tout comme Sybille. La  brune Sybille, elle,  semblait un peu perdue. Elle virevoltait avec grâce et légéreté, au gré de ses cavaliers, mais son esprit semblait ailleurs. Son simple collier de perles mettait en valeur son teint pâle et sa poitrine ronde. Le vert de sa robe rappelait le vert de ses yeux.
Rudy ne pouvait lâcher son regard de ces deux jeunes filles. Il était quelconque et pourtant si charmant. Et si cultivé. Il aimait lire, et la musique. Il  Il avait des manières d'un autre temps, un vrai gentleman. Que c'était agréable.
Tout un monde se tenait là.
Tout allait bientôt commencer.

Posté par nhan_hien à 10:59 PM - Essais d'écriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15.09.08

Souvenir

Mail écrit en 2004 - Les choses ont-elle vraiment changé ?

J'ai peur. J'ai horriblement peur inconsciemment...et cela se traduit par une peur de dormir, peur de me laisser aller, peur de me lâcher quelque part. Je crois que quelque part, j'ai peur de Vivre...oui Vivre avec un grand V. Je me refuse à la vie. Je me complais dans ma petite vie monotone et bien reglée. Et même si je voudrais que ça change, eh bien, ça ne change pas..parce que je n'esquisse même pas un geste pour essayer de modifier ne serait ce qu'un peu ma vie.

Paradoxalement, j'ai pas envie de grandir, j'ai 17 ans..je me sens petite..je veux pas avancer et me rendre compte qu'au bout du compte, j'ai rien fait de ma vie...De l'autre coté , à 17 ans, je rentre en fac..j'ai Léo depuis plus de deux ans, je veux construire avec lui, je veux quelque chose de stable, de durable...Mais je lui en demande trop. Je lui demande d'être mon amour, mon confident, mon psy, mon meilleur ami...Il est celui à qui je raconte tout, celui avec lequel je joue à la console, celui qui connait chacun des moments de ma vie, le seul qui sait lire dans mes yeux...Mais il est aussi celui à qui je fais le plus de mal..Il préfère souffrir plutôt que de me dire d'arrêter...Je lui fais mal et je m'en veux, mais j'arrive pas à m'arrêter d'être mauvaise..
Je suis fatiguée , j'en ai marre de pas dormir...j'ai peur de plein de choses...je n'arrive pas à faire quoi que ce soit...Est-ce que je manque de volonté ?...d'envie ?...
Ma situation n'est plus possible ainsi, il faut que j'arrete...Est-ce qu'il faut que j'aille voir un psy ? que je rencontre d'autres personnes ?...J'en sais rien...

Posté par nhan_hien à 06:25 PM - Essais d'écriture - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03.09.08

D'abord tu ouvres la porte en verre.
Et là, tu restes saisi par tant de désordre.
Tu trébuches sur la grande poubelle bleue.
A droite, des piles de dossiers s'entassent, avec des boîtes vides, des bouteilles entamées.
Devant toi, le placard est ouvert. Les classeurs s'effondrent les uns sur les autres, des feuilles sont chiffonnées dans un coin.
Alors vite, tu refermes cette porte pour cacher tout ça. Même si au fond, tu sais que cela ne sert à rien.
Et puis, tu viens t'assoir sur le fauteuil defoncé, ton portable à la main.
Tu appuies sur le bouton de la tour centrale.
Tu entends le vrombissement qui ferait pâlir n'importe quel geek (Limite on ne s'entend plus parler)
Et puis, tu ouvres la fenêtre.
Et tu écris...n'importe quoi.

Posté par nhan_hien à 09:33 PM - Essais d'écriture - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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